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Recyclage, réemploi & réparation chez une population étudiante

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Objectifs de l’étude

Que font vraiment les étudiantes et étudiants de leurs équipements électroniques en fin de vie : recycler, réemployer, réparer… ou laisser dormir dans un tiroir ?

L’éco-organisme Ecologic et le RESES (Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire) ont mené une étude auprès de 150 étudiantes et étudiants issus de plusieurs universités et écoles supérieures en France, centrée sur le recyclage, le réemploi et la réparation des déchets électroniques.

Leur objectif est clair : comprendre comment ces sujets sont perçus par cette population, pour mieux l’engager vers le bon réflexe — et encourager un geste de tri adapté selon l’état de l’équipement.

Périmètre et méthode

Éléments centraux

Ce sont les idées qui reviennent le plus souvent et que le groupe juge importantes. Elles restent généralement stables dans le temps et d’une population à l’autre.

Éléments périphériques

Des idées plus mouvantes, qui évoluent plus facilement avec le temps ou selon les groupes.

Avant de convaincre, il faut comprendre ce qui structure les idées. C’est tout l’enjeu des représentations sociales : un ensemble de connaissances associées à un objet et partagées au sein d’un groupe.

L’étude s’est déroulée du 11 mai 2021 au 13 janvier 2022, auprès de 150 étudiantes et étudiants répartis dans 42 villes.

La littérature scientifique sur le sujet le montre : un argumentaire gagne en efficacité quand il s’appuie sur les éléments centraux plutôt que sur les éléments périphériques. À partir des résultats recueillis, l’étude a ensuite testé plusieurs messages auprès de cette population étudiante, avec un fil conducteur : renforcer l’engagement vers des comportements favorables aux 3R.

Freins au recyclage

Pour beaucoup d’étudiantes et d’étudiants, le recyclage des déchets électroniques paraît d’abord… compliqué. Cette difficulté ressort comme un élément central.

Elle renvoie à une complexité technique supposée : comment recycler, comment récupérer les matériaux (plastiques, métaux…), et pourquoi les DEEE sembleraient plus difficiles à traiter que d’autres déchets.

En creux, l’étude met surtout en évidence une mécompréhension des mécanismes du recyclage : les modalités concrètes, la démarche, les lieux de collecte, ou encore la manipulation de déchets électroniques de grande taille.

Réemploi et durabilité

Donner une seconde vie aux appareils : voilà ce qui parle le plus. L’allongement de la durée de vie s’impose comme un élément central du réemploi.

Les répondants citent spontanément des pratiques perçues comme positives : donner, vendre, mais aussi acheter reconditionné ou d’occasion. Cette idée de « seconde vie des objets » traverse l’étude et revient dans les trois thématiques : recycler, réemployer, réparer.

Autre point fort : le don de matériel électronique à des personnes dans le besoin. Cette dimension d’aide à autrui ressort comme un levier spécifique au réemploi.

Accès à la réparation

Réparer, c’est d’abord faire durer. Comme pour le réemploi, l’allongement de la durée de vie constitue le premier élément central de la réparation.

Mais un frein ressort immédiatement : l’accessibilité. Elle est citée comme un défaut, qu’il s’agisse de trouver un réparateur, d’accéder à un lieu de réparation, ou de surmonter une contrainte technique.

En cause, notamment : le manque de connaissances ou d’outils nécessaires pour réparer soi-même ses objets.

Leviers d’engagement

Comment parler aux étudiantes et étudiants pour déclencher l’action ? L’étude donne une boussole : s’appuyer sur les éléments centraux, ceux qui structurent réellement les perceptions.

Les résultats invitent à concentrer les communications sur l’allongement de la durée de vie des appareils électroniques, sur la notion de difficulté du recyclage, ainsi que sur les plateformes de reconditionnement et de réemploi.

D’autres thèmes, repérés en zone tampon ou périphérique, méritent aussi l’attention : l’obsolescence programmée, le coût financier et la nécessité de la réparation, les plateformes de reconditionnement et de réemploi (avec la méfiance ou le gain financier qu’elles peuvent susciter), ainsi que l’évitement de la pollution et l’économie en ressources associées au recyclage des DEEE.

Trois recommandations principales se dégagent : valoriser les éléments positifs pour renforcer les pressions incitatrices, répondre par un contre-argumentaire aux éléments négatifs, et traiter systématiquement les questions que soulèvent les 3R.

Dans le détail :

  • Recyclage : prioriser un message centré sur les difficultés perçues et sur les croyances erronées concernant son efficacité.
  • Réemploi : placer au cœur des communications l’allongement de la durée de vie et la dimension caritative.
  • Réparation : mettre en avant l’allongement de la durée de vie, en l’accompagnant d’informations pratiques qui améliorent l’accessibilité.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le site du RESES (Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire), créé en 2007 et anciennement REFEDD (changement de nom voté en mai 2021).

Le réseau rassemble environ 150 associations étudiantes en France et propose des guides, des formations et des événements sur des sujets comme les déchets, le réemploi et l’économie circulaire.

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